Claude Pélieu, Collages, 1988-2002
Lieu : galerie d’art contemporain, Besançon
Dates : du 12 juin au 29 août 2003

Exposition proposée par le centre d’art mobile et mise en œuvre par Nathalie Caubel, Henri Caubel, Louis Ucciani et Michel Collet. Elle présente une série de collages de Claude Pélieu (Beauchamp 1934, Norwich, USA 2002)

« En 1967, le Cahier de l’Herne n°9 fait découvrir à la France la prose cut-up de William Burroughs, la poésie de Bob Kaufman et la poésie et les collages de Claude Pélieu. Pendant dix ans, Claude & Mary Beach-Pélieu traduisent Burroughs, Kaufman, Allen Ginsberg, Gary Snyder… De 1969 à 1979, Claude Pélieu publie une vingtaine de livres, aux USA et en France aux éditions Christian Bourgois, aux éditions du Soleil Noir, aux titres évocateurs : Infra Noir, Kali Yug Express, Pommes bleues électriques, Tatouages mentholés… Son écriture se fera plus rare dans les années 80, où il décide de se consacrer presque uniquement à l’art du collage, qu’il pratique depuis les années 50 » (Benoît Delaune).

« Il faut être génial & con, décevoir les gens. Les images Pop étaient des aubes. Les larmes explosaient dans un décor oxydé, warholien. René Char jouait de l’accordéon, Frank O’Hara chantait « baisse un peu l’abat-jour ». Voyez-vous le KNACK épuiser le sujet, comme Andy W. a su le faire, vachement allumé. « Nous tournons en rond dans la nuit et nous sommes condamnés par le feu ». Ombres mouvantes. Dérives spectaculaires. Lumière blafarde des lampes halogènes. Tout a foiré. Tessons d’adieux lointains. Giclées d’infra-sons. Les feux de Bengale de la mémoire s’éteignent. Étamines roses quittant les lèvres asphaltées d’au-revoir. L’écriture se désintègre avec les os blanchis. Toujours vers l’Ouest ARTS SCIENCES EMPIRES – flaques de néon, palissades d’yeux morts, bruiteurs d’ombre, dispatchers montrant leurs entrailles, quel plan de fun !!! on plonge dans le rétro, poussière de rêve, terreur informatique, vertiges ». Claude Pélieu in Pour solde de tout compte (Tout un laisser parler les choses).

« Je me rends compte que Claude Pélieu et moi nous nous approvisionnons aux mêmes stocks de munitions littéraire et que peut-être tous les écrivains sérieux sont unis par la même obsession. Par écrivains sérieux je veux dire ceux qui ont dépassé l’idée de l’art et considèrent l’écriture comme une arme avec des révolvers braqués ; voici le temps de l’assassin ». William S. Burroughs

« Des « associations libre » (1823) de Ludwig Böme aux cut-ups de Brion Gysin, Burroughs, Carl H. Weissner et Claude Pélieu s’impose dans le domaine de « la subversion de l’écriture » une ligne magnétique qui tente d’établir entre la conscience et le hasard des rapports inédits.
Quelle que soit la démarche – collages, frottages, écriture automatique, cadavres exquis, combine-paintings, happenings simultanéistes, cut ups… - il s’agit chaque fois de forcer le hasard (saisi, sous une forme ou une autre, comme élément de base) à détruire l’appareil logique de la pensée pour libérer, ce qu’André Breton appela naguère, « la réalité supérieure de certaines formes d’associations… »
Les cut-ups de Claude Pélieu sont des textes objectifs inspirés, tirés d’une expérience vitale quotidienne poussée jusqu’au niveau le plus intolérable dans lesquels s’insèrent des environnements tout faits, des « ready made » mentaux sélectionnés, qui agissent comme détonateurs. Puis, l’ordre logique de ces « poèmes de la faim violente » est cassé au profit d’un ordre psychique, le seul qui puisse mener l’expérience dans la profondeur de l’être. C’est le hasard dirigé vers sa propre finalité et mis en orbite pour une perpétuelle expansion ». François Di Dio